L'origine du Fonds Brunot

Ferdinand Brunot, qui parlait de "mon maître Livet" devint possesseur, vers 1900, de cette bibliothèque qui contenait bien des trésors dans les domaines cités. Il l'augmenta considérablement jusqu'à son décès. André Brunot, fils de Ferdinand, décida de vendre cette collection à l'Académie d'Orléans pour la somme de 150 000 F. Ainsi furent respectés les voeux du grand grammairien qui désirait que sa bibliothèque ne fût pas dispersée et restât en France. Elle constitua le premier fonds de la bibliothèque du Collège Littéraire Universitaire de l'université d'Orléans-Tours, devenu ensuite faculté des Lettres de l'université de Tours.

Le fonds en chiffres

Le fonds se compose de 14333 unités bibliographiques, ainsi réparties : 2 incunables, 145 livres du XVIème siècle (représentant 166 titres), 2675 du XVIIème et du XVIIIème siècle, 7407 des XIXème et XXème siècle ; 973 numéros de périodiques ; 3097 brochures ; 34 manuscrits.

La constitution du fonds

Le Fonds Brunot est, à l'évidence, un ouvrage de travail constitué par un grammairien et historien de la langue pour son usage - et à partir de l'apport d'un autre grammairien et historien - de la littérature. C'est ce qui le rend si précieux, indispensable aux chercheurs dans ce domaine.

On peut noter l’abondance des ouvrages de grammaire, de lexicologie, provenant aussi bien de l'apport de Livet que de celui de Brunot. Tous deux se sont occupés d'histoire de la langue française et cela explique l'incomparable collection présentée ici. Pour les XVIème, XVIIIème siècle, on peut trouver, outre les grammaires françaises, un nombre très important de grammaires et de dictionnaires allemands, latins, espagnols, italiens (16 dictionnaires latins, 12 grammaires françaises). Toutes les grammaires françaises du XVIème siècle sont là. On trouve aussi des manuels de conversation, excessivement rares, unique même pour le XVIème siècle.
En outre, pour le XIXème siècle, existent de nombreux dictionnaires et grammaires de langues moins importantes, ou courantes, de dialectes ou de patois (russe, limousin, rouchi, wallon, etc...).
Les ouvrages pédagogiques d'enseignement des langues occupent une place assez importante grâce à l’important fonds littéraire et historique, dû surtout à Charles-Louis Livet. Ce sont les éditions de Molière et de ses contemporains par Livet et ses collègues ou amis, dont Prosper Blanchemain, (Bibliothèques gauloise, elzevirienne, surannée, etc...) - éditions qui traduisent l'extrême activité de la recherche littéraire au XIXème siècle. Dans cet ordre d'idées, on trouve un recueil de mazarinades, un atlas factice composé de splendides cartes coloriées des XVIIème et XVIIIème siècles.

Si la partie du fonds provenant de Livet est, dans l'ensemble, historique et littéraire, il n'en est pas de même de l'apport de Brunot qui rassembla toutes sortes de documents formant un ensemble assez hétéroclite : médecine, droit, voyages, aussi bien dans les ouvrages modernes (de Fouilloux) que dans les anciens (Cardano, Cimber, Guy de Chauliac, Ambroise Paré, Barrême, Piganiol de la Force, etc...). Mais ces livres si divers n'ont pas été rassemblés par hasard. Brunot, pour l'Histoire de la langue française et ses divers ouvrages, avait besoin de pouvoir trouver des mots, les dater - surtout le vocabulaire des arts et métiers. C'est pourquoi on y trouve tant de dictionnaires spécialisés (marine, eaux et forêts, etc..).

Une partie du fonds numérisée

Certains ouvrages de ce fonds, datant des XVIe et XVIIe siècles, ont pu être numérisés afin d’être intégrés dans la collection des Bibliothèques Virtuelles Humanistes, collection de documents numérisés relatifs à la Renaissance et conservés dans les bibliothèques françaises, à l’initiative du CESR.
 
Consulter en ligne les ouvrages du fonds Brunot sur les Bibliothèques Virtuelles Humanistes.